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L’importance du stress et de sa gestion dans le dressage et dans les performances sportives

 

Par Carlo Fagioli

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est de mon devoir de vous dire quelques choses sur ce que nous nous attendons d’un chien sportif, c’est à dire quelles sont les qualités et les caractéristiques que nous allons rechercher et que nous choisissons ensuite au moment d’acquérir un chien pour faire du sport canin.

Un chien pour le sport canin, c’est à dire pour faire des brevets, de l’utilité et défense et aussi pour le R.C.I. (déjà plusieurs fois j’ai eu l’occasion de dire que je suis un spécialiste du R.C.I. et donc je m’adresse en priorité aux utilisateurs R.C.I., même si je pense que certaines considérations que je fais dans cet article peuvent être utiles aux pratiquants des autres disciplines) doit avoir un tempérament très « haut », et dans ce cas le mot tempérament signifie son envie de faire, son envie de se proposer pour faire quelque chose avec nous. En réalité il s’agit la du moteur du chien, et donc il nous faut un chien qui se propose tout le temps, et qui, au cas où nous le laissons sans rien faire, ira tout seul chercher à s’occuper de n’importe quoi.

Ce chien doit aussi avoir de la ténacité, et cette caractéristique vous la verrez dans les chiens qui, même quand on les arrête dans ce qu’ils faisaient, voudront essayer de continuer.

 

Il doit aussi être docile, c’est à dire prêt à accepter nos « ordres », en gardant toutefois son envie de faire des choses avec nous.

Et en plus de tout ça il doit avoir une certaine dureté (trempe), mais pas excessive, qui va lui permettre de surmonter les difficultés physiques et psychiques dans l’exécution et dans la recherche de ce que nous lui demandons.

Etant donné que notre façon de travailler se veut la plus naturelle possible,, c’est à dire que nous essayons toujours de remettre le chien dans des conditions qui sont les plus proches possible de son monde naturel, pour pouvoir exploiter au mieux ses qualités, essayons donc de donner une explication éthologique des qualités dont nous venons de parler.

 

Le tempérament, c’est à dire l’envie de s’activer, d’entreprendre, dans le contexte naturel va lui permettre d’être toujours prêt, bien vif et de découvrir des nouveaux horizons. Il ne sera donc pas un chien refermé sur soi même, et il pourra découvrir (étant donné sa nature de chasseur qui vit en meute) des nouveaux territoires, ainsi que des nouvelles techniques de chasse, et donc de faire progresser tout le temps son expérience de la vie.

Sa ténacité lui permettra de poursuivre avec détermination ses objectifs, c’est à dire avoir un partenaire sexuel et conquérir son rôle dans l’échelle hiérarchique, se procurer la nourriture, et aussi une détermination farouche dans le combat avec sa proie.

En conséquence il lui faudra donc une certaine trempe pour résister aux stimulations extérieures négatives, qu’elles soient aussi bien physiques que psychiques, pour pouvoir continuer dans cette quête d’affirmation de soi.

Et enfin sa docilité lui permettra de bien s’insérer dans la meute, d’accepter son rôle, afin que toute la meute dans son ensemble puisse fonctionner avec des rôles bien établis, et ne pas être perturbée par des luttes intestines qui forcement affaibliraient le groupe.

Dans sa vie de tous les jours au sein de la meute, le chien ou plus précisément le canidés, fera ses expériences positives et négatives. Il est évident que, dans la mesure où il sera capable d’apprendre des expériences négatives, autant sera augmentée sa capacité de survie en milieu sauvage, un milieu qui ne fait des cadeaux à aucun être vivant. Les expériences positives, par contre, lui seront utiles pour progresser, pour faire évoluer et affermir ce qu’on pourrait définir sa personnalité.

Tout ça s’appelle mémoire et elle est très utile pour le dressage.

 

Mais venons en maintenant à la façon d’apprendre du chien et donc nous allons parler spécifiquement du dressage.

Le chien apprend par répétition, c’est à dire : afin que le chien puisse comprendre un exercice, et donc qu’il puisse intégrer ce que nous allons lui demander, il a besoin de quatre ou cinq séries de quatre ou cinq répétitions du même exercice.

Mais afin qu’il puisse reconnaître une répétition, il faut que à chaque fois nous lui proposions exactement la même chose, et ça plusieurs fois. C’est ça que j’appelle « répétition », parce que dès qu’on s’écarte, ne serait-ce que d’un geste ou d’une attitude, il s’agirait la d’une proposition différente qu’on fait au chien.

Nous aurons donc besoin d’un langage qui nous permette d’entrer en communication avec le chien, et ici je vous invite à tenir compte d’un article que j’ai déjà fait paraître, et qui regardait spécifiquement cet argument. A partir du moment où nous serons en communication avec le chien par le biais de ce langage, qui, je le précise, est plus un langage physique, corporel que verbal, nous aurons alors la possibilité d’avoir des vraies répétitions, et donc il nous faudra être très cohérents dans la manière de proposer au chien ce que nous lui demandons d’apprendre.

Une fois que nous avons établi cette uniformité de langage, cet irrévocable moyen de communication, nous allons proposer le même exercice trois voire quatre fois, au cours de la même séance d’entraînement, ensuite nous ferons une petite pause avec une petite récompense, et puis encore une série de quatre ou cinq répétitions de l’exercice. Il faudra faire ces séries de répétitions au moins quatre à cinq fois dans la même séance, et tout ça pendant au moins trois semaines, parce que c’est à ce moment la que le chien passera à un autre niveau de connaissance, c’est à dire que l’exercice est assimilé et intégré comme s’il faisait partie de son comportement naturel, et donc il n’aura plus à l’apprendre, mais il sera suffisant de le rappeler au chien pour qu’il l’exécute.

Evidemment tout ça suppose une cohérence gestuelle de notre part et aussi un enchaînement  conséquentiel, étant donné que chaque exercice de concours peut être décomposé en plusieurs petits exercices, et que cette méthode est excellente pour faciliter l’apprentissage du chien.

 

Mais faisons maintenant un exemple concret : l’apprentissage du « assis ». Notre technique pour arriver à faire exécuter cet exercice par le chien n’a aucune importance : avec une croquette plutôt qu’avec une balle, ou encore avec une petite traction de la laisse sur le collier… Ce qui importe vraiment est que, une fois que nous avons choisi notre technique, nous l’appliquons à chaque fois de la même façon, en faisant attention de bien garder la même attitude corporelle. Et tout ça en prenant garde de ne pas donner d’ordre avec la voix, parce que, étant donné que le chien au début n’exécute pas prestement son exercice, il pourrait de ce fait percevoir l’ordre, comme un jumelage désagréable avec l’attitude du maître, au cas où nous ferions une petite intervention avec la laisse pour accélérer l’exécution, ou au cas contraire, un ordre qui consent des temps d’exécution qui ne sont pas ceux que nous souhaitons, c’est à dire que, puisque en phase d’apprentissage l’exécution n’est pas immédiate et prend parfois 5 secondes de délai, dans la tête du chien va s’installer l’idée qu’il a une marge temporelle pour s’exécuter.

Donc voilà ce qu’on va faire : comme nous venons de le dire, chacun choisi sa technique de stimulation pour faire exécuter le « assis » au chien, et puis, juste au moment où il fait son « assis », voilà ! C’est exactement à ce moment la que nous lui en donnerons l’ordre, et de cette façon, dans la tête du chien l’ordre « assis » sera accouplé à une exécution immédiate du même exercice. Et ensuite, quand le chien aura fait son « assis », nous attendrons une ou deux secondes, nous lui ferons une petite caresse, nous ferons un ou deux pas pour le bouger, sans lui donner aucun ordre, et nous lui proposerons à nouveau le même schéma, à savoir : langage corporel, accouplement de l’ordre vocal au moment de l’exécution, petite caresse, un pas ou deux et on recommence pendant 3 ou 4 fois. Si j’utilise la balle, je ne la donne pas, mais si j’utilise la croquette je la lui donnerai quand il est assis. A la fin de la série de trois ou quatre répétitions, je louerai le chien bien plus chaleureusement que la simple petite caresse, et je lui donnerai la balle. Et ça parce que, si je donne la balle tout de suite à la première exécution de l’exercice, le chien va sortir de cet état mental dans lequel je vais le mettre au bout de trois à quatre répétitions, et donc le fait d’avoir été récompensé tout de suite va le déconcentrer.

 

Mon objectif au contraire est qu’il maintienne cet état de concentration et de disponibilité au travail dans lequel il va s’immerger au bout de trois ou quatre répétitions, du fait qu’il commence à comprendre ce que je veux de lui.

Si vous allez suivre cette méthode, vous vous apercevrez que dans les premières répétitions il aura des hésitations dans l’accomplissement de l’exercice, et ensuite en allant vers la quatrième ou la cinquième son exécution sera de plus en plus facile. Arrivés à la cinquième répétition nous pouvons « libérer » le chien en lui donnant sa récompense, mais en gardant bien à l’esprit qu’il ne faut pas le louer excessivement, ni jouer trop avec lui, parce que il faudra toujours lui laisser cette envie d’avoir sa récompense. Il ne devra donc pas se sentir satisfait après les premières répétitions, mais rester un peu sur son envie.

Cette façon de travailler, avec des répétitions successives, sans « libérer » le chien, le conduira évidemment à être un peu « fermé », STRESSÉ, mais comme nous venons d’expliquer, cet état est favorable à l’apprentissage.

Et donc, en faisant bien attention de garder le même comportement et les mêmes gestes qu’avant, nous allons proposer à nouveau le même exercice pour une nouvelle série de répétitions. Et nous allons alors constater qu’à la troisième ou quatrième série, le chien sera de plus en plus disponible à exécuter son exercice. Une fois arrivés à la quatrième ou cinquième série, et le choix de ce moment dépend aussi du chien et de l’envie qu’il a de sa récompense, nous interrompons la séance d’entraînement, allons promener le chien, ou allons le mettre en box ou dans la voiture, et la séance d’entraînement pour cet exercice est terminée pour aujourd’hui.

Concrètement nous pouvons affirmer que la séance d’entraînement se déroule dans le calme, où calme signifie aussi l’absence d’excitation due à une stimulation trop forte, ou à une récompense trop importante, qui sort le chien de son état de concentration, du juste degré de stress.

Cette méthode laisse le chien bien disposé à écouter et à accepter ce que nous voulons de lui. Nous pouvons penser que le chien sera maintenu dans le juste état mental qu’il aura atteint après la deuxième ou troisième répétition de l’exercice.

Il s’agit d’un ensemble de tension et de concentration qu’on pourrait définir stress positif, qui va nous aider et aider aussi le chien dans l’exécution et donc dans l’apprentissage.

 

Maintenant il faut considérer qu’il y a des exercices qui sont propitiatoires à l’apprentissage d’un exercice successif, et certains qui par contre constituent une inhibition à l’apprentissage d’un exercice ultérieur.

Mais essayons de voir ça par quelques exemples.

Il est fondamental de bien savoir organiser une séance d’entraînement, et nous savons tous que l’entraînement est à court, moyen et long terme, et cette notion d’exercices propitiatoires ou inhibitoires peut aussi s’appliquer aux périodes d’entraînement, qui, eux aussi donc, peuvent être favorables ou contraires à l’apprentissage ou à l’entraînement successif, voilà donc pourquoi est si important de bien programmer ses séances d’entraînement.

Et alors notre exemple sera justement sur la programmation d’une séance.

Voyons un peu : supposons que cette fois je dois entraîner mon chien à une bonne conduite, et donc à avoir une belle attitude, bien présente vis à vis de moi, avec la juste vitesse d’exécution et des demi tours rapides, et encore une bonne vitesse de réaction aux appels. Mais dans la même séance je veux aussi améliorer les positions, et donc des exercices statiques.

Je peux faire ça dans une même séance, mais je ne vais pas mélanger la propositions des deux phases d’exercices, c’est à dire que je ne mélangerai pas la conduite dynamique et brillante avec les positions statiques ; mais, pour être encore plus précis, j’entraînerai d’abord tout ce qui est dynamique et propulsif, donc, dans ce cas, conduite et demi tours, je mettrai le chien au repos pendant une demi heure voire trois quart d’heure et ensuite je le sortirai pour qu’il fasse ses positions qui le laisseront un peu plus « fermé », étant donné que je travaille par répétitions, comme je viens de l’expliquer.

Cet exemple sert à expliquer que les positions sont des exercices inhibitoires pour l’entraînement de tout ce qui est dynamique et propulsif.

Par contre, pour vous faire un exemple d’un exercice qui est propitiatoire à l’apprentissage d’autres exercices, prenons en considération les cessations.

Si je fais mordre plusieurs fois un chien, qui en sera ravi, en faisant toutefois bien attention qu’il ne tombe pas dans l’hyper excitation, cet exercice, psychologiquement satisfaisant pour le chien, va m’aider à lui apprendre à exécuter la cessation, justement du fait que le chien est psychologiquement satisfait par son mordant répété, et qu’il sera donc plus disponible, au moment où je vais lui demander la cessation, à l’exécuter proprement.

 

Dans un autre article j’ai déjà expliqué quelles sont selon moi les phases de l’apprentissage d’un chien, donc considérons que toute la première phase, qui va jusqu’à 6 ou 7, et quelque fois même 8 moi de dressage, est entièrement fondée sur le positif. C’est à dire : la stimulation positive amènera le chien à faire ce que je lui demande. Et après une première phase pendant laquelle la stimulation et la récompense font un, vu que c’est la balle ou le boudin ou la croquette qui font que le chien me suive et que, selon ma façon d’employer ces objets, vont me permettre de lui apprendre à exécuter les exercices, cet objet stimulation – récompense va disparaître, et le chien par association avec mon ordre vocal, que j’aurai tout le temps accouplé à une bonne exécution, continuera à faire ce que je lui demande. La je vais récompenser pour le confirmer dans sa bonne exécution.

Après une longue période de travail de cette façon, je pourrai insérer aussi la stimulation ou renforcement négative. C’est à dire : quand je vois que le chien est distrait, et qu’il n’est pas assidu dans les exercices, je peux, avec une stimulation négative, le ramener à l’attitude correcte et à la bonne exécution, et la tout de suite je vais le récompenser. Cette deuxième phase est donc basée sur un renfort négatif et positif, et on arrivera seulement dans la dernière phase, c’est à dire quand le chien a bien appris et compris l’exercice, à la correction qui est une intervention négative plus déterminée, au moment où le chien est distrait ou n’exécute pas comme il faut(ATTENTION il faut que le chien arrive tout de suite à la bonne  exécution après la sanction et qu’il soit de suit récompensé) Dans ce cas le chien, grâce à cette mémoire des expériences négatives dont nous avons parlé au début de cet article, ne répétera plus la même erreur, puisque ce comportement incorrect aura été sanctionné. Dans ce cas le chien donc, à cause d’une exécution incorrecte (il ne savait pas qu’elle était incorrecte), a eu une expérience négative, et grâce à sa mémoire d’espèce ne va plus se mettre dans la même situation. Et, puisque cette méthode d’utiliser la correction fait référence à l’instinct de survie du chien, eu égard à l’explication éthologique que je vous ai proposé au début de cet article, aussi bien que dans le précédent, je peux vous affirmer que quand elle est utilisée à bon échéant, elle va amener le chien à vous donner toujours la bonne réponse.

 

Mais essayons maintenant de donner une explication claire à la confusion qu’on fait trop souvent entre stimulation, excitation (qui peut aller jusqu’à l’hyper excitation) et stress négatif. Tous ces états peuvent aboutir au même résultat : le non apprentissage. Mais c’est quoi la différence ?

L’état d’hyper excitation conduit le chien à vouloir atteindre le but, son but à lui, n’importe comment, mais en réalité, dans sa tête, avec la manière la plus appropriée et la plus rapide, qui n’est pas forcement notre manière, celle que nous voulons pour l’exécution de l’exercice de la part du chien. Voilà ce que c’est que l’hyper excitation, tandis que l’excitation permet au chien d’être encore « guidé », pour obtenir une exécution « performante ».

Le stress négatif, par contre, est un état de confusion mentale du chien, où il va se trouver quand il n’arrive pas à comprendre ce que nous voulons de lui et/ou quand il n’aperçoit pas des voies de sortie de la situation dans laquelle il se trouve(où nous l’avons mené), c’est à dire qu’il n’arrive pas à satisfaire son stimulus, tandis que nous le gardons dans cette situation qui est pour lui sans issues, et en plus nous continuons à le solliciter afin qu’il exécute « notre » exercice.

Donc à force de ne pas comprendre et de ne pas voir des issues possibles il s’instaure dans un état de tension, qui, montant rapidement, se transforme en stress négatif ; et dans un pareil état, croyez moi, aucun être vivant peut apprendre quoi que ce soit.

Bien entendu, la répétition d’exercices en état d’hyper excitation où le chien n’a pas d’issue, à savoir le retour au calme ou la satisfaction de l’instinct que nous avons sollicité, aboutira au stress négatif et donc à la confusion mentale qui ne lui permettra pas d’apprendre.

Nous pouvons donc distinguer le stress positif, qui est l’état de tension généré par la concentration, du stress négatif, qui est l’état de tension qui aboutit à la panique.

 

Le stress positif peut être entraîné afin d’augmenter les temps d’attention du chien, augmentant donc la durée de sa concentration. Tout ça comportera une compression du chien, qui, en tenant compte des considérations que nous avons développé, restera tout le temps bien concentré, et on obtiendra donc une meilleure réactivité aux ordres dans l’exécution des exercices.

Il faut gérer toutes ces phases de façon conséquente, en « protégeant » l’état de concentration du chien, et donc en le mettant le plus possible à l’abri, dans les premières phases d’un nouvel exercice, de toute distraction extérieure, en lui donnant donc la possibilité d’être exclusivement attentif à ce que nous sommes en train de lui proposer et en écartant toute sollicitation parasitaire.

 Nous pourrons insérer des sollicitations extérieures seulement dans le temps et de façon très graduelle, pour en arriver enfin à une généralisation des lieux et des situations, de telle manière que le lieu et tout ce qui est externe au couple chien conducteur ne puisse influencer la concentration du chien vis à vis de nous mêmes, et de l’exercice que nous sommes en train de lui proposer.

Tout ça s’appelle expérience. Bien entendu, quand même nous aurons mis le chien en condition de connaître toutes ces nouveautés en dehors du contexte du concours. Je tache de mieux m’expliquer. Le chien doit toujours connaître de façon positive et en dehors de l’exécution de l’exercice, tous les objets qu’on peut rencontrer sur un terrain de dressage, en plus, évidemment d’avoir connu les expériences de tous les jours, donc toutes les rencontres de la vie quotidienne, y compris les objets, les grands espaces, le stade avec ses tribunes, la foule, les bruits, etc.

Quand le chien aura connu tout ça dans sa vie de tous les jours, il l’aura donc connu en dehors de la tension des exercices, et alors nous, après l’avoir « protégé » dans la phase d’apprentissage, allons insérer graduellement cette nouvelle difficulté, de façon à ce que, avec une petite difficulté à chaque fois, nous arrivions à garder l’attention du chien sur nous bien concentrée, parfois en faisant recours, si nécessaire, au renfort négatif dont on a parlé.

 

Et ici permettez moi d’ouvrir encore une fois une parenthèse pour vous expliquer quelle est ma conception du dressage par rapport à l’idée courante qu’on a de ça.

Souvent on entend dire qu’un chien dressé à haut niveau doit pouvoir évoluer n’importe où et dans n’importe quel contexte. Bien sur ! C’est vrai ! Mais à haut niveau, une petite différence dans son attitude ou dans son attention et donc dans sa réactivité à l’ordre ou à la sollicitation, fait une grande différence dans le résultat. Et si nous voulons que les petites bavures ne surviennent pas, il nous faudra coder au maximum le contexte et notre attitude, la préparation du chien à ce type d’exécution, et envoyer des messages au chien qui soient déjà perçus et reconnus par lui comme anticipation à faire tel exercice.

Il nous faudra faire très attention à ne jamais changer notre attitude, nos mouvements, notre attitude spécifique pour tel exercice ainsi que notre intonation de voix, parce que le chien pourrait, en une dixième de second, ne pas reconnaître ce que nous sommes en train de lui proposer et donc, par exemple, retarder l’exécution, ou encore, au moment où la situation a changé, parce que par exemple nous sommes en train de nous éloigner d’une position du chien, à ne pas exécuter du tout parce qu’il n’a pas reconnu l’exercice à faire.

 

Tout ça est d’une importance extrême et tous ceux, et tous ceux qui ont eu une expérience à ce niveau, et même ceux qui ont eu des contacts avec des conducteurs de haut niveau, pourront vous le confirmer.

Fermons la parenthèse et disons alors qu’il faut arriver à bien coder les messages pour maintenir le chien toujours prêt à l’exécution, c’est à dire qu’il doit toujours savoir déjà ce que nous allons lui demander. C’est ça le codage, et au codage nous arriverons par une uniformité de comportement qui permettra d’obtenir toujours la bonne réponse, puisque, je le répète, à haut niveau c’est les petits détails qui font la différence.

 

Cette extrême concentration et attention aux moindres détails que nous exigions du chien et de nous mêmes, est le stress que le couple chien conducteur doit entraîner et savoir gérer.

En conclusion de tout ce que je viens de dire sur la gestion du stress du chien, je vais ajouter que cette gestion et cet entraînement nous devons les faire aussi sur nous mêmes, pour atteindre le résultat d’une maîtrise totale de nos émotions soit pendant l’entraînement que en concours, afin que la communication avec le chien soit tout le temps la même que nous avons utilisé avec lui à partir du jour où nous avons commencé à lui apprendre à faire les exercices et que nous avons gardé, sa vie durant pendant les entraînements.

Une prochaine fois je vais essayer de vous entretenir sur les méthodes pour contrôler et gérer le stress du conducteur.